Le rendez-vous de ce mercredi s’annonçait incontournable pour la troupe à Caterpillar, le match à gagner pour recoller au peloton de tête et disputer des play-offs en fin de saison. Depuis un certain temps, Courtételle accroche ses adversaires, sans jamais parvenir à passer l’épaule, il est temps que cela cesse. Et tous les ingrédients sont réunis avec le retour en grâce du rouquin Ewan McChuck, Harry von Mouchtre et l’exhibisionniste notamment, du poids dans une équipe plutôt fluette en général.

Le match commence fort avec l’homme de terre sainte qui marque un but comme il en a l’habitude maintenant, il monte sur le côté et tire dans la cage en évitant soigneusement les membres du gardien. Ouverture du score bienvenue, inhabituelle. Cette fois, on veut y croire, mais la suite donne des sueurs froides. Une nouvelle fois, les vadais s’abaisse au niveau de leur adversaires, et c’est Tramelan qui est dangereux à de multiples reprises. Le barbu Boubicheron semble un peu à côté de ses pompes et l’autre barbu viking n’est pas encore réveillé. Heureusement que certains assurent, comme Tek, d’outre-rangier, impeccable de sûreté dans ce premier tiers. Alors que les spectateurs se frottent le ventre en croyant déguster une mousse avec un avantage comptable. Ces diables d’enruhmés égalisent d’un tir impeccable dans la toile d’araignée à 21 secondes de la sirène. Qu’à cela ne tienne, la chaleur de la buvette nous requinque.

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Le deuxième tiers n’est pas rassurant non plus. On sent la fébrilité et le jeu gagne en animation ce qu’il perd en qualité, c’est un peu une partie de ping-pong par instant. Quelques pénalités mettent en exergue une qualité inconnue des Guéguelles, la rapidité à se mettre en box-play, sur la défensive. On passe par des moments très chaud où les sudistes entreprennent un assaut en régle de la cage vadaise. La sueur de la peur mouille tous les fronts, à part celui du coach, brillant de sérénité.

Ce soir le destin glisse sur la pelisse rêche des squales. D’une triangulation parfaite tout droit sorti du manuel, Roger Charmineau sert Romain Polakski pour le 2-1. Quel but mes amis.

Pour tenir le suspense, un Tramelot réussi chanceusement une reprise de demi-volée légèrement slicée qui finit une nouvelle fois dans la lucarne côté plateau. C’est sûrement le coup de sa vie et la seule façon de tromper Fross en grande forme comme à son habitude.

A 2-2, Courtételle doit tout recommencer. Fougère, dont les lianes s’agitaient au gré du vent jusqu’ici rentre franchement dans le match et le gras de ses adversaires. Le jeune Rouquin se lance dans tous les sens, finissant souvent à glace. Michel Polakger tente même un tir surpuissant dans le camp adverse, qui s’arrête de lui-même 3 mètres plus loin. Par moment, Courtételle semble maîtriser son sujet, sans parvenir à entrer dans les oreilles et se montrer dangereux.

Pendant ce temps, dans la cabine, il ne se passe rien.

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Peu après la mi-match, Boulou accélère, il a du jus, c’est la première fois ce soir. Seul les jambières du gardien l’arrêtent, mais Igor polakov a bien suivi et c’est le 3-2. Le public prie pour en rester là. Tramelan a des sursauts et la fin du tiers est angoissante, malgré le réveil du sociétaire du moto-club. Papy Brossard doit se démener, sur un tir adverse sa latte sonne, sur une action confuse un Tramelot reprend au 2ème poteau, il a la cage vide, le portier effectue un ouateusève de toute beauté en plongeant et noie définitivement les espoirs des francophones du canton voisin. Le second thé arrive et Courtételle est toujours devant.

Au 3ème tiers,les requins édentés paraissent décidés à muscler le jeu et les charges sont limites. Là on se dit, c’est gagné. Le 4-2 récompense enfin un très bon match de l’ajoulot de service, un reprise joliment liftée à mi-hauteur, comon Ludik!

N’a-ce-soir-qu-un-pneu-crevé s’échauffe un peu, sans doute tendu par ces 4, 5 et 6ème points de sa carrière, tandis que le franc comtois plonge de plus belle, on sent l’équipe proche de l’exploit. Encore un très beau but, cette fois c’est Jerry le protagoniste, reprise directe, magistral.

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Pendant ce temps, à la table, on peine à suivre les buts.

Quand tout va bien, il faut tout tenter, John Kolzon l’a bien compris. Le puck noir dans la cage des poissons rouges, il vise un patin, rebond goal, la vie est belle, 6-2.

On finit par une triangulation toute soviétique entre Rodge Makarov et Polak Kroutov finit le festival en beauté. Trop beau. Ce dernier signe au passage une belle opération comptable en vue du titre très disputé de meilleur marqueur du club. A moins que le vieux remette les patins

Dans les vestiaires, on a aperçu un  boxer rose rappelant la belle époque. Tout s’explique.